Aujourd’hui, on s’arrête sur un de ces artisans de l’ombre qui ont façonné le son de la Jamaïque des années 70 : Phil Pratt, de son vrai nom George Phillips, né et élevé à West Kingston, qui débute comme chanteur au milieu des années 60 (en pleine époque rocksteady), avant de s’imposer surtout comme producteur dans les années 70 avec son label Sunshot. il est décédé récemment à 82 ans.
Les productions Sunshot de Phil Pratt, Caltone et il y aura aussi son label Phil Pratt couvrent une évolution stylistique fluide du rocksteady à l'early reggae puis au roots dub, avec une signature sonore marquée par des arrangements mélodiques et des voix soulful
Rocksteady et early reggae (1968-1972)
Dès les débuts de Sunshot, Pratt mise sur des titres doux et accrocheurs influencés par le rocksteady : skank guitare léger, cuivres discrets, harmonies vocales cristallines (ex. Ken Boothe "Artibella", Pat Kelly "They Talk About Love")
Il commence comme chanteur (par exemple le titre « Sweet Song For My Baby » enregistré avec son ami d’école Ken Boothe, à l’ère rocksteady
Très vite, il passe “derrière la console” : sous le mentorat auprès de Clement “Coxsone” Dodd et Ken Lack
"On commence par les racines rocksteady : Ken Boothe, vieil ami de Pratt, sur ce hit doux et mélodique qui lance Sunshot. et puis une sélection Sunshot entre 69 et 72
Ken Boothe – Artibella (early Sunshot, )
rasta time - al campbell (riddim artibella)
version - Bobby Kalphat qu’il adore (Il accorde une place particulière au jeu de Bobby Kalphat, dont il dit qu’il préfère la sobriété aux mélodicas trop mises en avant d’Augustus Pablo.)
Hemsley Morris & Phil Pratt – le si suave Little Things
Black magic woman - version originale de carlos santana sortie en 1970 et là c’est en 1972 que Dennis Brown en fait cette magnifique version sous l’égide de Phil Pratt
Strange Things - John Holt
Horace Andy - 2 versions de Youth of today. Pratt enregistre le jeune Horace Andy dès très tôt, il se dirait que c’est lui qui l’aurait découvert et propulsé, on lui doit une version de Money (The Root Of All Evil) qui sera ensuite reprise chez Bunny Lee
Freddy mc kay - Tear Drops dans une version sunshot de 1976
The Tropic Shadows - Anniversary (1972)
Leroy Sibble - Party Time, les 2 hommes de l’ombre des studios se retrouvent sur ce magnifique morceau ou Leroy chante
et puis la version on voit tout de suite le côté Dub de Phill Pratt qui s’exprimera plus tard avec son acolyte Bobby Kalphat
Phill pratt All Stars - Dirty Dozen
on s’est fait une petite sélection exclusivement SunShot le label de Phill Pratt, il est souvent producteur ou joue avec le Sunshot Band ou le Phill Pratt all stars
Musiciens et chanteurs
Chanteurs : John Holt, Pat Kelly, Ken Boothe, Dennis Brown, Al Campbell, Horace Andy, Delroy Wilson, Linval Thompson, Big Youth, Owen Gray…
Musiciens : Sly Dunbar (batterie), Robbie Shakespeare et Lloyd Parks (basse), Winston “Bo Peep” Bowen (guitares), Bobby Kalphat (claviers/melodica), cuivres Sunshot Band, etc.
Pratt excelle également avec les toasters (Big Youth "Keep Your Dread", Dennis Alcapone "This a Butter"), sur des riddims solides mais jamais agressifs, souvent enregistrés à Caltone ou Channel One,
Série Early roots et dj chez Calton avec qui il travaille dès 65:
Dennis Alcapone "This a Butter" - Un des early DJ cuts d’Alcapone pour Sunshot, sur un riddim très populaire
Peter Austin–Time Is Getting Harder
Safe Travel - Phill Pratt chanteur producteur
Yvonne Harisson 1968 Near to You
Kingstonians - Love is the greatest science
Version du morceau d’yvonne harris = Joe Nolan - Cool it with reggae version
cette période Early roots et DJ cuts (1972-1975)
c’est l’époque d’une Transition vers un reggae plus roots : basses profondes, batterie "one drop" ou steppers, des thèmes plus sociaux (Horace Andy "Money, The Root Of All Evil", Al Campbell "Gee Baby").
À partir du milieu des années 70 également, Pratt exploite ses riddims en versions dub, souvent avec les musiciens de Channel One.
citons l’album « The War Is On Dub Style » (Phil Pratt & Friends / The Revolutionaries), enregistré avec Sly Dunbar, Robbie Shakespeare, Bobby Kalphat, etc.
et puis les dubs Dubs de riddims comme « Strange Things », « Black Cinderella », « My Time », avec un mix subtil où la mélodica de Bobby Kalphat
« Star Wars Dub » (1978), autre LP de dub signé Phil Pratt, construit sur des bandes Channel One.
Sa patte c’est :
Riddims solides, souvent très “Channel One”, avec une batterie/basse très en avant mais des arrangements toujours mélodiques.
Une façon de passer des hits vocaux aux versions dub sans effet spectaculaire : travail subtil sur les échos et les drop-out, plus « roots » que psychédélique.
Capacité à sentir l’évolution des goûts : rocksteady, puis early reggae, puis roots/dub, sans rupture brutale.
Il est considéré aujourd’hui comme un “grassroots producer”, un artisan de terrain qui a laissé un catalogue très riche, redécouvert grâce aux rééditions Doctor Bird / Cherry Red et Pressure Sounds.
Sans chercher la lumière, Phil Pratt aura donné au reggae quelques-unes de ses plus belles faces vocales… et des dubs que les amateurs continuent d’explorer, mix après mix.
Artibella - Coxsone
à la fin, le Money money, C'était la version de chez Bunny Lee
Série, une production Irie Ites sur le riddim Strange Things:
Strange things - John Holt
Strange Days - Sena
Trinity - Strange all over the world
Spectacular - Badda dan dem
Girl Mind What You Do · U Brown feat. Horace Andy