Rejoins 94 Degrés à l’Ombre : ton émission contre toutes les prisons !
Salut !
On est l’équipe de l’émission de radio "94 Degrés à l’Ombre" qui passe chaque dimanche de 12h à 14h sur Canal B (94 FM à Rennes), et sur les plateformes de podcasts en tous genres (même si nique Spotify).
Qui on est ?
94 Degrés a été créé par le Genepi (Rennes), une asso étudiante qui faisait de la radio et des ateliers culturels en prison partout en France. Au fil du temps, leur critique de la prison s’est radicalisée et ça a rendu impossible la collaboration [1] avec l’Administration Pénitentiaire. Iels ont fini par se dissoudre [2].
On est maintenant une équipe de bénévoles d’horizons différents (militantEs anticarcérales [3], queer et féministes ; ex-taulardEs et proches ; personnes concernéEs par les lieux d’enfermement...).
Qu’est-ce qu’on fait ?
Avant tout, on fait de la radio ! On crée du lien entre l’intérieur et l’extérieur en particulier pour les taules rennaises dans un but de solidarité et de rupture de l’isolement. Pour nous les "taules" c’est tous les lieux d’enfermement, qu’ils soient judiciaires, administratifs, psychiatriques [4], scolaires... (Prison des femmes de rennes, Prison des hommes de Vezin, CRA de Saint-Jacques-de-la-Lande, hôpital psychiatrique Guillaume Régnier, prison pour mineurs...)
Pour faire ça, on diffuse des messages interposés et des dédicaces musicales que nous envoient les détenuEs et leurs proches. En parallèle on apporte du soutien aux taulardEs en écrivant des lettres, en prenant des nouvelles, en relayant des enquêtes, en tractant aux parloirs (en ce moment on galère).
Également, ce qu’il se passe dans ces lieux est souvent mis dans l’ombre, donc on cherche aussi à visibiliser et politiser ces violences. Donc depuis quelques temps, en + de la partie "dédicaces", on prend une heure pour traiter des actualités, relayer des témoignages et débattre, avec des invitéEs quand on y arrive : c’est le "Point info".
Positionnement politique et éditiorial
C’est pas nécessaire de partager exactement les mêmes opinions politiques pour participer à l’émission, que ce soit vis-à-vis de la justice, de la prison ou d’autre chose. Les propos tenus pendant les émissions engagent les personnes qui les tiennent (sauf si c’est des propos discriminants, là on a une responsabilité de se reprendre entre nous).
C’est chill aussi si la théorie c’est pas trop ton truc et que notre façon de dire les choses te parle pas tant.
Cependant, voilà en quelques mots ce qui nous rassemble et qui donnent une idée de ce qu’on entend par "émission anticarcérale "[3].
On ne cherche pas à savoir pourquoi les détenuEs sont inculpéEs car c’est pas nécessaire pour notre activité (les médias le font déjà bien assez lol). Les émissions sont diffusées dans un but de solidarité et de rupture de l’isolement : ça ne signifie pas que nous excusons les actes pour lesquels les personnes subissent des peines de prison, ce n’est juste pas le sujet.
En parallèle, en aucun cas nous ne tenons de discours visant à culpabiliser les victimes, qu’elles aient porté plainte ou non. Ce choix leur appartiennent totalement et elles méritent tout notre soutien, quoi que l’on pense des peines prononcées par ailleurs.
Tendre vers l’abolition de la prison ne consiste pas à nier les violences qui existent au sein de la société, ni à minimiser les conséquences qu’elles peuvent avoir pour les victimes. Notre constat c’est que la justice punitive n’est pas en mesure de réduire ces violences mais qu’elle les entretient voire les accroît.
Plutôt que de mettre du temps et des moyens pour répondres aux besoins des victimes [5] et transformer les conditions qui ont permis les violences, la justice se concentre sur la punitions de certainEs auteurEs.
Dans le "Point info" les explications sociologiques ou psychologiques qu’on peut utiliser ne sont pas des excuses, mais des mises en perspective qui nous permettent de réhumaniser les détenuEs, systématiquement misES au placard par la société.
Les majorité des personnes qui se retrouvent en taule sont celles qui subissent la précarité, le racisme, ou encore la marginalité. Pas parce qu’elles sont par essence plus violentes mais parce que quand l’école veut pas de nous, qu’on est discirminéEs au taf, qu’on a pas de thunes, on va vers les activités qualifiées comme illégales pour survivre : les 2 principales causes d’enfermement sont le vol et le traffic de stup’.
Et même ce qui est qualifié comme illégal a un sens politique : une personne qui vole dans un supermarché encourt 3 ans d’emprisonnement, un patron qui vole le travail de ses salariéEs n’encourt aucune peine. En plus, on est pas touTEs confrontéEs de la même façon à la police : quand on se fait contrôler au faciès 15 fois par semaine on risque plus de se faire choper avec de la drogue sur soi que quand on est blancHEs...
Pour nous, la prison est un outil du capitalisme et de l’impérialisme. En gros, elle permet que les dominantEs le restent, et que les riches fassent encore plus de profit sur le dos des peuples et des ressources. Et ça parce qu’avec la police et la justice, l’enfermement met à la marge et violente les plus exploitéEs. Il fait exister l’idée qu’il y a des humains fondamentalement dangereux pour la société, ce qui permet de justifier le contrôle massif et la répression des populations (par exemple les révoltes pour Nahel, les gilets jaunes, le controle au faciès, et beauuucoup d’autres...).
Donc pour la plupart d’entre nous on s’oppose à la prison[3], au système pénal [6], mais aussi aux peines considérées comme "plus douces" proposées par les réformistes : amendes, bracelets électroniques, ou enfermement en "millieu ouvert". Elles font parties de ce système qui précarise et isole toujours les mêmes.
De façon plus ou moins liée, les hôpitaux psys ou les foyers pour handicapéEs ont aussi pour rôle d’enfermer avec violence les personne considérées comme déviantes, dangeureuses ou inadaptées (et d’ailleurs c’est plutôt la psychiatrie [4] que la taule qui enferme les meufs et les queers).
Tu l’auras compris, à 94°, tu peux aussi venir lutter contre le contrôle social, l’autorité, ou encore la surveillance, qui exisent ailleurs que dans l’institution judiciaire : au Travail, à l’École, dans la Famille…
Comment on s’organise ?
(ahhh là ça devient plus concret !)
Il n’y a pas de pression à la charge de travail ou aux compétences. Il n’y a pas non plus d’engagement à prendre et pas besoin d’être là chaque dimanche, on vient quand on peut/veut. Généralement on se dit la veille qui sera là ou pas.
On travaille pas mal à tendre vers l’horizontalité (pour l’instant ça marche bien, tout le monde tourne sur les rôles).
Notre but, c’est de donner la parole à qui veut bien la prendre, y’a pas d’histoire de légitimité, pas de profil recherché. Par contre, on va toujours privilégier l’écoute des concernéEs.
Par ailleurs, lorsque nous invitons des proches de détenuEs, il nous parrait important que ce soit à elleux de choisir les modalités et la construction de l’émission, leur besoin étant souvent d’obtenir la vérité, pas de discuter théorie politique.
Comment nous rejoindre ?
A partir du janvier 2026, le 1er dimanche de chaque mois, on fait une émission chill destinée à l’accueil des nouvelles personnes intéressées (aucune obligation de participer, même si c’est juste pour regarder tu es bienvenuE).
Il suffit d’envoyer un p’tit message – contact en fin d’article.
La radio ça fait peur et c’est pas donné à tout le monde d’y avoir accès, mais pas de panique on est une radio amateure, et on a toustes commencé quelque part (et sans gros bagage politique). La plupart des gentes sont venuEs par curiosité, certainEs ont kiffé, d’autres non, bref, aucune inquiétude.
Conclusion
(pfiou c’est pas trop tôt !)
Nous ne sommes pas des "expertEs" du système carcéral, mais seulement des militantEs et personnes concernées par l’enfermement souhaitant réfléchir et discuter de l’abolition de la prison sous toutes ses formes.
Nous essayons de préparer nos émissions pour relayer des actus, des analyses, des récits de prisonniers.ers, des ressources, tout en souhaitant laisser de la place aux discours spontanés et au droit à l’erreur dans la prise de parole.
Notre objectif n’est pas d’apporter un discours fini, calibré, ou "parfait" sur l’abolition des prisons, mais surtout d’accueillir et de diffuser différentes paroles liées à la critique de l’enfermement, quelque soit leur forme ou leur tonalité.
Alors on se dit à dimanche ? ;)
PS : on est aussi grave ouvert.es pour bosser avec des collectifs, ou juste de relayer votre parole par téléphone le temps d’une émission (tant que t’es pas maton) !
Contacts et ressources sur le sujet :
à retouver sur le média militant expansive.info
« La taule tue : crève la taule ! »
mots clés : CHGR, CPF, CPH, CRA, Rennes