Hommage à Lowell Fillmore Dunbar connu sous le nom de Sly Dunbar

Source Photo: Drummer Lowell “Sly” Dunbar performing on stage (Photo by Peter Noble/Redferns)
Avec son comparse bassiste Robbie Shakespear, ils ont formé la section rythmique probablement la plus connue et une des plus emblématiques de la musique jamaïcaine.
Son influence est si importante que je n'ai pas peur de vous dire que nous n'allons pas pouvoir tout dire et que on va en oublier!
Sly Dunbar, c'est le développement du style rockers, évolution énergique du One Drop avec une grosse caisse beaucoup plus présente qui apporte une dynamique plus puissante au reggae des années 70-80, c'est cette capacité à passer du One Drop très aéré à des patterns proche du stepper avec une grosse caisse sur tous les temps sans jamais perdre le groove ni oublier l'espace de la basse de Robbie Shakespeare.
Sly c'est l'utilisation subtile de la caisse claire qui laisse la place au chant et à la basse, c'est des Charleston très travaillé, des croches régulières des variations subtiles créant un groove incomparable. Sly, c’est cette utilisation systématique de la syncope se décalage de grosses caisses et caisse claire de petit contretemps qui donne ce côté roulant et quasi hypnotique.
Sly, c'est aussi un pionnier de l'usage de boîte à rythme et de batterie programmée dans le reggae qui va ouvrir la voie aux productions dancehall. (avec notamment le Roland TR-808).
Nous allons écouter ce soir des morceaux sur lesquels il officie avec son style un mélange de simplicité et de sophistication qui a modernisé le reggae et marqué le début du dancehall.
Source image: Sly Dunbar at a Kensington Park Square apartment in London on July 9, 1984 (David Corio / getty images)
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Dans ces influences nous sommes obligés de nommer Lloyd Knibb. Sly explique qu'il a voulu devenir musicien en entendant les skatalites et en particulier la batterie de Lloyd KNIBB qu'il décrit explicitement comme son mentor il reprend sa logique SKA, early ONE DROP qu'il va ralentir alourdir et transformer en rockers.
Il fera des Sessions isolées comme batteur pour Lee "Scratch" Perry ( sur Night Doctor), Dave & Ansel Collins (sur Double Barrel, 1970), ou encore The Upsetters/Aggrovators (années 70), avant la formation stable de Sly & Robbie.
On va écouter pour commencer:
Addis Ababa des Skatalites avec donc Lloyd Knibb et
avec Dave & Ansel Collins sur Double Barrel, directement inspiré du jeu de knibb sur ce morceau.
et puis quelques autres sucreries que l’on contextualisera ensuite
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The Race - Gladiators 1982 - Backing band Revolutionaries
Tommy mc Cook, Earl China Smith guitar, Augustus Pablo, Sly & Robbie
Chase the devil Max romeo & Upsetters - parce que Sly Dunbar participe à la première formation des Upsetters montée par Lee Scratch Perry avant d’être remplacé par Carlton Barrett,
Gladiators: Hello Carol, repris avec Sly Dunbar sur le Trenchtown mix en 1976 / Chatty Chatty Mouth avec Lloyd parks à la basse.
Rasta Fiesta - Sly Wicked and Slick (1979, Virgin) : album solo, avec des grooves rockers et influences funk, montrant sa maîtrise en solo sans la basse de Robbie.
Taxi records - This Bed Too Big Without You - Sheila Hilton
Viceroys - Heart Made of Stone production taxi records donc Sly & Robbie en 1981
Gainsbourg - Overseas Telegram - 2 collaborations: Sur l’album Aux Armes et Cetera. Sly & Robbie assurent la rythmique et participent à la production reggae de l'album et à la direction des sessions et les arrangements. Pour Mauvaises Nouvelles des Étoiles dont est extrait ce morceau, c’est encore plus marqué par leur esthétique.
Dennis Brown - rub-a-dub all the time
Gregory isaacs - it’s true 1993 avec Sly & Robbie
Gregory isaacs - soon forward produit par Sly & Robbie sur le label taxi records
Revolutionnaries et l'invention du rockers (1973-1978)
En 1973 Robbie Shakespeare qui est bassiste établi chez Chanel One voit Sly jouer en live dans un club et le recommande aux producteurs pour une session urgente. Au cours d’une jam session en 1973 donc, ils testent quelques patterns, s’entendent parfaitement et tout le monde s'exclame que cette section de basse-batterie est magique. Tout le studio a ressenti cette connexion qui a surpris producteur et musiciens. Jojo Hookim et l'équipe de Channel one ont décidé sur le champ de les garder comme section rythmique fixe pour le groupe studio maison de Channel One les Révolutionnaries. Ils deviennent la signature basse batterie des productions de Chanel One des années 70 et 80. Ils posent les bases de hits comme "Boxing" des Heptones ou "False Rasta" de Jacob Miller. on retiendra aussi des collaborations avec Bunny Lee, Inner Circle et Alton Ellis.
À l'international
Il y aura beaucoup de collaborations internationales, pour la France avec Serge Gainsbourg comme évoqué plus haut. mais Sly & Robbie ont travaillé en tant que producteurs arrangeurs mais également section rythmique du Compass point allstars dans le studio Compass Point crée par Chris Blackwell (fondateur d'Island Records) à Nassau aux Bahamas dans les années 70 . Dans ces studios, ils participent comme producteur arrangeur à des projets avec Grace Jones, Joe Cocker, Marianne Faithfull, Simply Red, Bob Dylan, Mick Jagger, Shinaed o Conor et j'en passe.
Aux studios Pathé Marney à Paris, Sly & Robbie sont invités pour dynamiser certains track par les Rolling Stones. Mick Jagger et Keith Richards saluent immédiatement leur contribution pour son énergie urbaine
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Focus Taxi records
On ne peut pas parler de Sy Dunbar sans parler de son travail avec Robbie Shakespeare (riddim twins) sur leur label Taxi records & Taxi All Stars
avec lequel il produisent de nombreux singles album et productions phares pour des artistes comme pour Dennis Brown ("Revolution"), Gregory Isaacs, Sugar Minott (Taxi Trio), Junior Delgado et The Tamlins. Sommets avec Black Uhuru (Red, Sinsemilla, Chill Out – le premier Grammy reggae en 1985)
Il y aura ce qu'on appelle le taxi trio, trois voies qui forme un équilibre parfait pour les productions taxi: Grégory Isaacs le romantique Dennis Brown ne prophète roots et Sugar Minot l'énergie de la rue tous porté par la batterie précise et saint-copé de slide du bar sugar my not qui aura collaboré avec eux principalement dans les années 80 via taxi records avec un rôle clé dans la transition roots vers le dancehall.
Albums solo majeurs:
Simply Slyman (1978, Virgin Frontline) : premier effort solo, mélange de reggae instrumental et dub expérimental où Sly explore son jeu syncopé sur des riddims dépouillés.
Sly Wicked and Slick (1979, Virgin) : suite plus mature, avec des grooves rockers et influences funk, montrant sa maîtrise en solo sans la basse de Robbie.
Sly-Go-Ville (1982, Island) : album emblématique, urbain et électronique avant l'heure, intégrant boîtes à rythmes et Simmons ; un virage vers le dancehall personnel.
Productions Taxi Sly & Robbie des années 80:
Black Uhuru *2 - fit
les riddims qui ont marqué :
Ini kamoze - world a music - un riddim qui a été maintes fois repris depuis sa création en 1984, notamment dans les années 2000 avec welcome to jamrock de damian marley mais aussi par Junior Reid
Papa Levy - Mi God Mi King 1984, sur le riddim heavenless
Gregory Isaacs - night nurse (Une reprise enregistrée en 1997 par Sly and Robbie avec Simply Red est devenue un single à succès au Royaume-Uni.)
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On repart sur de productions années 90 du label Taxi Records
2 reprises de Bob Marley par Bennie Man & Luciano et 1 morceau basé sur un riddim de Bob Marley avec Yami Bolo, montrant l’évolution permanente de Sly & Robbie dans leurs musiques puisqu’ils produisent les riddims, les jouent mais également investissent dans la jeunesse
Running Away & son Introduction Discours de Martin Luther King
Crazy baldhead 1995
Yami Bolo - Trample Sun is Shining riddim 1995
Bitty Mc Lean*2 / Bitty mc lean à l’orgue avec Ansel collins - Single Barrel en lien avec le début de cette émission et le double barrel du début de carrière de Sly Dunbar
Évidemment, nous n'avons pas tout dit mais il faut retenir que:
Sly aura influence des générations de batteurs par son groove laid-back, ses syncopes.
il a continue les productions Taxi jusqu'à sa mort en à 73 ans. Son duo avec Robbie a révolutionné le reggae mondial et leur aura a été internationale
Pionnier du dancehall avec le "Bam Bam riddim" et la version de steve knight avec lequel on a terminé cette émission et son Intégration précoce de l’électronique dans le son avec des boites à rythme si il fallait prouver encore ne fois l’impact de sly dunbar sur la musique jamaïcaine.