Teddy Irie - We Rule The Border (T.Irie) 1986
Roland Burrel - Rip Off
Jolly Stewart - Angie
Danger Commit - Cutty Ranks
Qu’est-ce qu’on entend par digital?
Vous le savez probablement et si vous nous écoutez, c’est sur, La musique jamaïcaine a toujours été en constante évolution, passant avec audace du ska au rocksteady, au reggae et au dancehall. Mais le changement le plus radical s’est produit au milieu des années 1980, lorsque l’île a adopté de nouvelles technologies — boîtes à rythmes, séquenceurs, synthétiseurs et claviers grand public bon marché — pour produire des riddims sans groupes live.
Cette transition, souvent qualifiée de révolution digitale de la musique jamaïcaine, ne se limitait pas à une simple question de matériel. Elle concernait l’accès, l’identité et l’influence mondiale. Elle a mis fin à l’egemonie du roots reggae, donné naissance au dancehall et jeté les bases de genres aussi variés que le hip-hop, le reggaeton, la jungle et j’en passe
Carl meeks - Tuff Scout & Bad Minded People sur le label Phonographe ( label digital de la 2 eme moitié des années 80)
Anthony red rose & king kong
Junior Wilson - mama told me
Sur le même riddim Sluggy Ranks - Rough Wine
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Plusieurs causes, à cette révolution:
Tout d’abord,
Les tendances technologiques ont convergé avec la créativité locale.
Ensuite, la Pression économique
Dans les années 1980, la Jamaïque a dû faire face à des programmes d’ajustement structurel et à des mesures d’austérité. Engager des groupes de musique en direct devenait coûteux. Les outils numériques offraient des alternatives moins onéreuses.
Et puis Les « clashes » exigeaient des riddims novateurs, des basses plus puissantes et une production effrénée . Les appareils numériques offraient vitesse et puissance et possibilité de créer des riddims rapidement.
Philip myers
Tonto Irie
Don Mikley
Senator Gary - they are dangerous
Conséquences sur la culture des studios
Avant le numérique, il y avait: De grands studios avec des groupes complets (Studio One, Black Ark, Channel One).
Les ingénieurs géraient les prises en direct sur bande analogique.
Ensuite
Des studios plus simples ont fait leur apparition dans les ghettos de Kingston.
Un seul producteur muni d’un clavier pouvait remplacer tout un groupe.
La production s’est accélérée : les riddims pouvaient être créés en quelques jours, et non plus en plusieurs semaines.
Cela a démocratisé la création musicale, permettant aux jeunes des ghettos de rivaliser avec des producteurs confirmés.
Autre conséquence, les musiciens se sont mis à jouer en prenant en compte cette esthétique, incluant les sonorités digitales dans leurs compositions
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La digitalisation de la musique a eu un Impact sur la culture des sound systems:
Intensification des affrontements : les riddims numériques résonnaient plus fort dans les enceintes.
Plus de liberté pour les selectors : ils pouvaient désormais jongler entre plusieurs versions d’un même riddim, remonté à partir d’e l’instrumental d’un classique c’est l'avènement des riddims, d’ailleurs dans cette série:
Rub-a-dub market - Frankie Paul avec une petite dédicace au calypso d’Harry Belafonte et son Banana Boat Song - riddim = african beat
Screwdriver - sur le Heavenless riddim
Le riddim « Sleng Teng » (1985) est quasi unanimement considéré comme le point de départ de la révolution digitale en Jamaïque.
Créé à partir d’un préréglage du Casio MT-40 par Noel Davey et Wayne Smith.
Produit par King Jammy, il a bouleversé le public avec sa ligne de basse si caractéristique
Des dizaines d’artistes l’ont repris, prouvant ainsi que les riddims numériques pouvaient s’imposer.
Culture sur le riddim sleng teng - plutot roots, ce groupe a embrassé le style digital avec talent
Horace Martin - riddim Hot Milk
Tony Tuff - riddim Tonight
Sur le riddim Magic Moment:
Conroy Smith
Courtney melody & Danny Dread
Hippy Ranking morceaux de 1985 avec citation de Just 2 of us de Bill Withers & Grover Washington sorti en 1980
La version instrumentale: Riddim Magic Moment
Don Hickey
Dany Coxsone qui a eu une carrière en France également
Michael Peters
Teddy Brown
Au niveau symbolique
si Le reggae « analog » portrait le message de la spiritualité rastafarienne, unité nationale et réflexion.
Le dancehall digital reflétait les réalités de la Jamaïque des années 1980 — pauvreté, violence et résilience — en les intégrant au cœur même du son.
Cette transformation a bouleversé les pratiques en studio, la culture des sound systems et l’identité mondiale de la Jamaïque.
Elle a démocratisé la production musicale, amplifié la voix des jeunes des ghettos et rayonné bien au-delà des Caraïbes, influençant le hip-hop, le reggaeton, l’afrobeat, la pop. Plus qu’un simple changement technique, la révolution digitale a constitué une renaissance culturelle qui a permis à la Jamaïque de rester à l’avant-garde de l’innovation musicale mondiale.
Tout en bouleversant la dynamique sociale de la culture dancehall.
Devenu un style à part entière, certains producteurs et musiciens se sont spécialisés dans ces styles et les font vivre encore aujourd’hui